Le journal de l’atelier · rénovation de tapis
L’endroit séduit,
le revers raconte.
Un tapis se regarde d’abord par le dessus, et c’est précisément là que tout le monde se trompe. La face a été conçue pour plaire : on y imite des palettes anciennes, on y feint des usures, on y tond des reliefs qui ressemblent à un velours noué. Le revers, lui, n’a jamais été fait pour être vu. Il livre la structure telle qu’elle est, sans intention. Ce même revers dit pourquoi un tapis se met à onduler : voir le tapis qui gondole.
C’est pourquoi la première question de tout examen technique porte sur un point trivial : le dos du tapis est-il accessible ? Quand il ne l’est pas — pièce collée au sol, doublure cousue, tapis fixé au mur — l’identification devient prudente, et elle le reste. Aucun avis sérieux, aucune expertise de tapis digne de ce nom ne tranche la technique sans avoir vu le dos, les bords et les extrémités.