Passer la main
Quand le tiroir doit passer à l’atelier.
D’abord la cause,
ensuite le jeu.
Certains signes ne se règlent ni avec le temps ni avec une bougie : une coulisse creusée au point que le tiroir penche, un fond fendu ou affaissé, un angle ouvert, une façade qui se décolle, une caisse visiblement de travers.
À l’atelier, on fait l’inverse du réflexe du rabot : on corrige la cause, puis on ajuste. La caisse est remise d’équerre, le fond retrouve sa rainure, et les coulisses usées sont reprises par des greffes de bois ou des pièces d’usure qu’on pourra remplacer un jour sans toucher au reste. Le rabot ne vient qu’en dernier, par touches minimes et jamais sur la façade ; un léger jeu, normal sur un tiroir ancien, n’a pas à disparaître.
Sur une commode, ce travail s’inscrit parfois dans une reprise plus large, celle d’une restauration de commode ancienne. Les petits tiroirs intérieurs d’un secrétaire se traitent de la même façon, souvent au sein d’une restauration de secrétaire ancien. Et quel que soit le meuble, tout commence par ce diagnostic : c’est aussi le premier temps d’une restauration de meubles anciens.
Le tansu japonais mérite une mention à part. Son bois de paulownia, tendre et léger, réagit lui aussi à l’humidité de la pièce. Sa tendreté le rend plus fragile encore face au levier ou au tournevis : un tiroir de tansu se dégage avec plus de douceur qu’un tiroir de commode. Pour ce type de meuble, voyez notre page sur la restauration de meubles japonais.