Combien de mètres de tissu pour un fauteuil ?

D’un mètre pour une chaise à dix-sept pour un grand canapé, l’écart ne tient pas qu’à la taille du siège. Il tient aussi à la hauteur d’un motif, au sens d’un velours et à la largeur utile d’un rouleau. Voici les métrages que nous donnons en atelier, et ce qui les fait bouger.

Combien de mètres de tissu faut-il pour un fauteuil ?

Comptez 3 à 5 mètres pour un fauteuil courant ou un crapaud, 6 à 8 mètres pour une bergère, un Voltaire ou un club, environ 1 mètre pour une chaise, 11 à 13 mètres pour un canapé deux places et 14 à 17 mètres pour un trois places. Ce sont les métrages que nous donnons en atelier, sans majoration. Un tissu à raccord, un velours ou une laize étroite les font monter : seul le métré du siège tranche pour de bon.

Les métrages de l’atelier

Siège par siège, ce qu’il faut prévoir.

Le siègeMétrageLe point de vigilance
Chaiseenviron 1 mEn série, les pièces se coupent ensemble : les motifs doivent se répondre d’une chaise à l’autre
Fauteuil courant3 à 5 mManchettes, passepoils et petites pièces se coupent dans le même sens que l’assise
Fauteuil crapaud3 à 5 mCarcasse presque entièrement couverte : le dossier arrondi et la passementerie consomment plus qu’on ne croit
Bergère6 à 8 mLes joues pleines garnies ajoutent deux grandes pièces de chaque côté du siège
Fauteuil Voltaire6 à 8 mLe haut dossier réclame une longueur d’un seul tenant, sans couture de rattrapage
Fauteuil club en cuir6 à 8 mLe cuir s’achète à la peau autant qu’au mètre : le plan de coupe se raisonne alors peau par peau
Canapé deux places11 à 13 mAssise, dossier et coussins doivent s’aligner entre eux, ce qui interdit de combler avec des chutes
Canapé trois places14 à 17 mLa longueur d’un dossier dépasse souvent la laize : la coupe se pense dans l’autre sens

Le journal de l’atelier · tapisserie

Un métrage,
ce n’est pas une surface.

Le réflexe naturel consiste à mesurer le siège et à en déduire une quantité. Le métier procède autrement. L’étoffe arrive en rouleau, d’une largeur donnée, et le tapissier y découpe des pièces entières — une assise, un dossier, deux joues, des manchettes, des passepoils, parfois une jupe. Ce qui coûte des mètres, ce n’est donc pas la surface du fauteuil : c’est tout ce qui ne rentre pas dans la largeur du rouleau.

Cela explique un rapport qui n’a rien de proportionnel. Une chaise se compte en un mètre là où un canapé trois places en réclame quatorze à dix-sept, alors qu’il est loin d’être quatorze fois plus grand. Pour une série, la logique change encore, puisque les sièges se coupent ensemble et que le dessin doit se poursuivre de l’un à l’autre. La réfection de chaises et celle d’un fauteuil isolé ne se calculent pas du tout de la même façon.

Les cinq facteurs

Ce qui fait monter le métrage.

Avant de commander

Trois étoffes, trois façons de compter.

Uni

Le calcul le plus sobre

  • Pas de raccord à ménager entre les pièces
  • La fourchette basse du tableau est atteignable
  • Vérifier tout de même la laize utile
  • Un uni structuré peut avoir un sens de lecture
À motif

Le dessin commande

  • Relever la hauteur et la largeur du rapport
  • Demander si le raccord est droit, sauté ou en demi
  • Centrer le motif sur l’assise et le dossier
  • Prévoir la fourchette haute, jamais la basse
Velours

Le sens avant tout

  • Fixer le sens du poil avant le plan de coupe
  • Regarder l’échantillon en lumière rasante
  • Réserver un lot unique pour tout le siège
  • Compter large : le sens interdit de retourner une pièce
Le métré

Cinq gestes avant la première coupe.

Aucun ne se saute : chacun corrige le chiffre trouvé au précédent.

01

Décomposer le siège

On ne mesure pas un fauteuil, on mesure ses pièces : assise, dossier, joues, manchettes, ceinture, passepoils, coussin éventuel. Chacune devient un rectangle à placer dans le rouleau.

02

Mesurer la laize utile

On relève la largeur réellement exploitable, lisière déduite, et l’on note la face, l’envers et le sens de lecture de l’étoffe. Une laize surestimée fausse tout le reste du calcul.

03

Relever le rapport et le sens

Hauteur du motif, largeur du motif, type de raccord, sens du poil, possibilité ou non de coucher le tissu dans la longueur : ces cinq relevés décident à eux seuls de plusieurs mètres.

04

Dessiner le plan de coupe

Les pièces se placent sur le papier avant de se placer sur l’étoffe, en respectant les symétries et le centrage du motif. C’est ce dessin, et non une formule, qui donne le métrage final.

05

Ajouter la réserve

On prévoit de quoi contourner un défaut, puis un reste que l’on conserve avec son étiquette de lot. Le jour où une manchette s’use, cette chute évite de rechercher un coloris qui n’existe plus.

La règle qui évite les mauvaises surprises

Le tissu s’achète
après le métré.

Un tissu coupé ne se rend pas. S’il manque un mètre en cours de réfection, deux issues seulement : reprendre la même référence dans un autre bain — au risque d’un écart de teinte visible sur le siège fini — ou repartir de zéro. C’est pourquoi le métré précède toujours l’achat, et jamais l’inverse. Nos devis de tapisserie chiffrent d’ailleurs la main-d’œuvre hors tissu, précisément parce que la quantité et la référence se décident ensemble, après examen du siège.

L’enjeu se voit mieux en euros. Nos belles bases démarrent à 80 €/m, et les étoffes ou cuirs d’exception se situent entre 300 et 550 €/m : sur une bergère, un fauteuil Voltaire ou un canapé, deux mètres d’erreur ne pèsent pas du tout le même poids selon l’étoffe retenue. La logique vaut aussi pour un crapaud, dont la silhouette ramassée trompe l’œil, et pour les rideaux sur mesure, où l’on compte 2 à 2,5 fois la largeur de la fenêtre.

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus souvent.

Comptez 6 à 8 mètres, comme pour une bergère ou un club. Le haut dossier du Voltaire réclame une longueur d’un seul tenant, et la manchette de chaque accotoir vient s’ajouter. Sur un tissu à raccord, tablez sur le haut de la fourchette plutôt que sur le bas.

Oui, systématiquement. Le motif se répète à intervalle fixe et chaque pièce doit tomber au même point du dessin : de la longueur se perd entre deux coupes. Plus le rapport est grand, plus la perte l’est. Le type de raccord — droit, sauté ou en demi — figure sur la fiche technique de l’étoffe : c’est lui qu’il faut nous transmettre avec la référence.

Nous l’acceptons, en précisant que la prestation n’est alors pas garantie. Dans ce cas, faites-nous relever le métrage avant votre commande : nous vérifions la laize utile, le rapport et le sens, et nous vous donnons la quantité exacte à faire couper.

Parce que le siège n’est qu’une moitié du calcul. L’autre moitié tient au tissu choisi : sa laize utile, la taille de son rapport, son type de raccord, son sens de poil. Le même fauteuil peut passer d’un bout à l’autre de sa fourchette selon l’étoffe retenue.

Oui, et cela se décide dès la commande. La matière absorbée par les plis ne se voit pas une fois le siège terminé, mais elle a bien été coupée. Plus les losanges sont serrés et plus les boutons s’enfoncent, plus la quantité grimpe par rapport à un dossier lisse de mêmes dimensions. Signalez-nous le capitonnage avant tout métré.

Gardez-le, avec son étiquette de lot. Une manchette, un passepoil ou une joue peuvent s’user avant le reste, et une chute d’origine évite d’avoir à retrouver un coloris parfois retiré de la collection. Nous conseillons toujours de prévoir cette réserve dès le métré.

Devis et déplacement offerts

Faites mesurer avant d’acheter.

Envoyez-nous des photos de votre siège, de face et de trois quarts, avec ses dimensions : nous vous donnons le métrage à prévoir et la réponse arrive sous 48 h. Notre article sur ce qui fait varier un devis complète utilement la lecture.

Nos ateliers sont installés à Sartrouville (78) et à Nanterre (92) : nous intervenons dans tout Paris et dans toute la région parisienne.

Faire métrer mon siège