Ce qu’on gagne à refaire plutôt qu’à racheter.
Des matières qui ne reviennent pas
Le neuf ne sait plus
faire ce bois-là.
Un fauteuil ancien apporte au projet quelque chose qu’aucun siège de série n’apporte : une carcasse en bois massif, débitée dans des sections que l’on ne trouve plus dans le mobilier courant, assemblée pour être démontée et regarnie. C’est cette structure que l’on paie deux fois quand on rachète — une fois en la jetant, une fois en achetant moins bien.
À cette carcasse répondent des garnitures qui se travaillent encore comme autrefois : sangles tendues à la main, ressorts guindés un à un, toiles d’embourrure, crin animal qui se retasse et se reprend au lieu de s’effriter, piqûres qui dessinent le galbe. Une mousse vieillit et se remplace en bloc ; une garniture traditionnelle se répare couche par couche, indéfiniment. C’est tout l’objet de la réfection de sièges à l’ancienne : rendre au fauteuil un système que l’atelier suivant pourra reprendre à son tour, sans rien casser.
S’ajoute le choix de l’étoffe, qui n’existe pas à l’achat d’un siège fini. Comptez de trois à cinq mètres pour un fauteuil courant, de six à huit pour une bergère, un Voltaire ou un club : à partir de là, tout est ouvert, des belles bases dès 80 €/m aux étoffes d’exception.